Le Talence insolite et ses anecdotes

Suivant une démarche initiée avec le balisage et la valorisation du chemin de Saint Jacques de Compostelle à Talence, en avril 2010, une signalétique des monuments historiques a été mise en place et un riche inventaire du patrimoine bâti et naturel a été dressé. La Mairie a aussi souhaité mettre en avant le patrimoine, action inscrite dans l’agenda 21, dans le cadre des modifications du Plan Local d’Urbanisme.


Cette année, des parcours pédestres et cyclistes ont été conçus pour découvrir ou redécouvrir des sites remarquables: cinq parcours pour découvrir les quartiers et dix parcours thématiques, tels que les monuments historiques, l'architecture moderne, contemporaine ou encore le Talence insolite.

5 km 100
À pied : 1h40
À vélo : 30 min

Le Talence insolite et ses anecdotes

Le Talence insolite et ses anecdotes

HD_Parcours_patrimoine_INSOLITE.pdf (6688ko)

Anciens bains douches
34 rue du 14 Juillet

C'est en 1914 que ce bâtiment de bains-douches ouvrit ses portes. Il s'agit d'un élément caractéristique du mouvement hygiéniste, qui apparut au cours du XIXeme siècle.

Ce mouvement est né suite aux découvertes de Louis Pasteur, qui découvrit qu'une saine hygiène du corps évitaient les contaminations de microbes. A  l'époque, des maladies telles que la tuberculose faisaient de nombreux morts. Lutter contre les épidémies constituait un réel enjeu de santé publique.

Les bâtiments de bains douches faisaient partie intégrante de cette volonté de salubrité et d'hygiénisme. Avant les années 1950, peu de foyers pouvaient s'offrir le luxe d'avoir de l'eau chaude courante. Ce genre de bâtiment était donc spécialement conçu pour ces familles aux revenus modestes.

A Talence, il existait un tarif réduit pour les ouvriers (sur présentation d'une carte), qui voulaient se laver à la sortie de leur travail.
Les bains-douches étaient également gratuits pour les élèves des écoles talençaises.

Il y avait 22 cabines en 1921, mais elles ne pouvaient fonctionner toutes en même temps,  la chaudière était insuffisante (fonctionnement au charbon).

Voici une petite idée des tarifs en 1921 puis en 1941 :
Tarifs en 1921 :
bains douche avec savon= 60 centimes
serviette= 1 centime
bonnet= 10 centimes

Tarifs en 1941 :
bains douche sans savon = 2,50 francs
bain douche avec savon = 5 francs
bain complet avec savon = 10 francs
serviette= 50 centimes
savon = 50 centimes
bonnet = 30 centimes


L'établissement des Bains-douches fut fermé à Talence en 1984. Il n'était plus utilisé depuis longtemps. Le studio municipal de danse s'y est aujourd'hui installée.


C'est dans un contexte d'hygiènisme que ce bâtiment a ouvert ses portes en 1914, notamment à destination des ouvriers et des enfants. En 1921, une douche avec savon coûtait 60 centimes.

Orme du Caucase
Parc André Curvale :Entrée au fond du parking, en face du 56 rue Roustaing.
L'orme est situé au fond du parc, face au chemin de fer.

Depuis 2007, l'orme du Caucase situé dans le nouveau parc André Curvale a reçu l'attribution  du label « Arbre remarquable de France ». Ce label engage à une sauvegarde, un entretien et une mise en valeur de l'arbre, considéré comme un patrimoine naturel et culturel.

L'orme du Caucase (nom botanique : zelkova carpinifolia ) est originaire d'Europe orientale et d'Asie. Il fut introduit en Europe à la fin du XVIIIème siècle.
Ses petites feuilles dentées sont caduques et de couleur verte puis à l'automne elles deviennent jaunes et enfin rouges.
Son écorce révèle des plaques orangées.

L'orme du Caucase peut mesurer jusqu'à 35 mètres et vivre 300 ans.

A Talence, il aurait été planté vers 1830 dans l’ancien parc du château Le Brana.

Dans ce parc, on peut aussi apercevoir une belle serre et un pigeonnier.


Sans doute planté vers 1830, cet arbre peut mesurer jusqu'à 35 mètres et vivre plus de 300 ans. Il a reçu le label « Arbre remarquable de France ».

Souterrains du Château du Prince noir
103 Rue Roustaing

Au XIIIeme siècle, il y avait à Talence une forêt royale que les souverains anglais traversaient pour se rendre à la bastide de Baa. Le roi Edouard III, puis son fils le prince d’Aquitaine Edouard de Woodstock (surnommé le « Prince Noir »), venaient y chasser. Ils ont pu utiliser comme rendez-vous de chasse le vieux château Brama situé à l'emplacement de l'actuel manoir.

Au XVeme siècle, le château a appartenu aux Roustaing de Brana. Les Roustaing démolirent l'ancien château pour y construire leur maison noble, qui est l’édifice actuel.
Il fut ensuite racheté par différents propriétaires, dont l'usine Dassault.

Dans le jardin, un puits très ancien a été comblé, ainsi que l'entrée d'un souterrain se dirigeant vers l'église de Talence et peut-être au delà.

L'historien bordelais Maurice Ferrus (1876-1950) en parle dans le livre Histoire de Talence:                    
« Dans le jardin, il y a un puits très ancien, à côté duquel est l'entrée d'un souterrain dont on ne connaît pas la sortie, nul n’ayant osé parcourir ce sombre couloir dans toute sa longueur... Ce souterrain aboutirait à un château, du côté de Gradignan. Il passe tout près de l'église de Talence. Les hommes qui s'y sont engagés n'ont jamais dépassé le point de hauteur de l'église, faute de pouvoir s'éclairer.»

Château des Arts
109 rue Camille Pelletan

Le château des Arts fut construit en 1890 par les architectes Pingoux et Rodier .
De style néo-classique*, il tire son nom de son fronton où une tablette de peintre et un compas d’architecte sont sculptés.

La propriété fut louée en 1909 par Jean Lafon, Trésorier Payeur Général de la Gironde. Il était le père de Marguerite Jeanne Lafon qui épousa  François Mauriac le 25 juin 1913 à Talence. Le mariage fut célébré en l’église Notre-Dame de Talence tandis que le repas de noces se déroula au château.

Dans Nouveaux mémoires intérieurs (Pléiade), François Mauriac raconte combien il a été compliqué pour lui d'épouser sa bien aimée.
M. Lafon, « fit comparaître le jeune écrivain pour lui faire comprendre qu'un poète de sa sorte était ce qu'il y avait de plus pitoyable. » Il lui refusa la main de sa fille.
Il capitula face à la « colère terrible » de sa femme. Il céda et admit donc le jeune poète dans son cercle familial. Le lendemain du mariage, il écrira à sa fille : «Je ne veux pas que se passe le premier jour qui suit ton départ du foyer sans que ton papa te dise sa joie et sa tristesse. La dernière causée par le grand vide qui apparaît. L'autre, seule à retenir, causée par la vue de ton bonheur, qui hier, éclatait, radieux ». Sa mère écrit aussi qu'elle est heureuse de voir « ce cher François si délicat, si aimant »
Quelque temps après, le château devient la résidence du docteur Albert Barraud.
Aujourd'hui, le château est la propriété de l’Éducation Nationale  


* Définition style néo-classique (voir glossaire)


De style néo-classique, ce château fut la propriété des beaux-parents de François Mauriac, ainsi que le lieu de son repas de noces.

Bureau de poste
264 Cours Gambetta

Construite en 1953, le bureau de poste de Talence est orné du blason de la ville.
Il s'agit d'un sanglier, qui rappelle que Talence était autrefois recouverte de forêts.
Le sanglier symbolise la chasse, que les rois d'Angleterre venaient pratiquer dans leur forêt royale.
Le Prince Noir lui même allait, dit-on "chasser les bêtes fauves ou mordantes dont les grands bois de Talence, de Gradignan et de Leognan étaient peuplés".

Concernant l'origine du toponyme « Talence », l'hypothèse la plus plausible est celle ci :
le terme tala appartient à la langue celtique, et signifierait « coupe de forêt » ou « bois ». Cette dénomination, qui apparaît dans des textes du XIeme siècle pourrait donc avoir pour origine directe les vastes forêts de chênes qui recouvraient le territoire dans l'Antiquité et au Moyen-Age.
 

Depuis l'époque médiévale, le blason de la ville de Talence représente un sanglier, symbolisant la chasse qui se pratiquait dans les vastes forêts qui recouvraient le territoire.


Le château du Prince Noir est inscrit sur la liste des Monuments Historiques.


Remodelé au XVeme siècle par la famille Roustaing de Brana, ce château possède un puits très ancien qui a été comblé, ainsi que l'entrée d'un souterrain se dirigeant vers l'église de Talence et peut-être au delà.

Le pietà de Notre-Dame de Talence
Eglise Notre-Dame de Talence

Construite en 1841, l'église Notre-Dame de Talence abrite une Pietà dont l'histoire mouvementée révèle certains contextes historiques et religieux que la France a connu.

Cette statue en pierre, datée du XVeme siècle, a été offerte par les religieuses de Fontevrault au prieuré fontevriste de Talence : Notre-Dame de la Rame (fondée au XIIeme siècle).  
Ce don d'une Pietà n'est pas étonnant. L'abbaye de Fontevrault souhaitait propager le culte de Notre Dame de Pitié.

Le prieuré de Notre-Dame de la Rame fut abandonnée au XVIeme siècle, suite aux guerres de religions et au pillage. Il tomba en ruine et la Pietà fut oubliée.

Il fallut attendre le 29 décembre 1729, pour que des enfants jouant près des ruines de l'ancien couvent découvrirent la statue.
La nouvelle se répandit et provoqua un mouvement de piété populaire. Des curieux et fidèles affluèrent pour admirer la Pietà.

C'est à la suite de cette découverte que l'abbé de l'époque organisa une procession pour déplacer la Pietà dans la chapelle Saint-Pierre. Naquit un véritable pèlerinage à Talence pour implorer la Vierge et la remercier de sa protection. Un registre relate qu'il y aurait eu 2000 guérisons grâce à la Pietà. On lui offrit alors des tableaux, mais aussi des béquilles, des membres humains en cire ou en métal...

Mais cette période de culte ne dura pas. Suite à la Révolution et à la suppression des vœux de religion par l'Etat, la chapelle Saint-Pierre fut transformée en culte de la Raison. Lors de l'Inventaire de la chapelle, les commissaires chargés de retirer « l'argenterie et les ornements » se contentèrent de jeter la Pietà dans un fossé et de la couvrir de terre.
Trois hommes vinrent alors la chercher en secret et la cachèrent dans la cave de l'ancien presbytère de l'église Saint-Pierre.

La situation changea à nouveau sous Napoléon, avec la reconnaissance du culte catholique en 1802. La Pieta sortit de sa cachette et fut placée solennellement dans la nouvelle église en 1821. Les 700 habitants de la paroisse étaient présents pendant cette procession.

Même si ce culte populaire s'essouffla au début du XXeme siècle, avec la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la Pietà fait toujours l'objet d'une grande dévotion de la part des fidèles. Deux miracles ont été reconnue officiellement par l'Eglise et attribués à cette Pietà.

C'est peut-être grâce à l'aspect surnaturel de sa main gauche à six doigts, que cette Pieta a suscité tant d'engouement. Malheureusement, ce sixième doigt n'a pas survécu à de récente restauration.
Elle se trouve actuellement dans une des chapelles latérales, et est classé monument historique.

Don de l'abbaye de Fontevrault au XVeme siècle, le sort de cette Pietà a évolué au fil des bouleversements historiques, suscitant toujours une grande dévotion de la part des fidèles.

L'auberge Plume la poule
2 rue Pacaris

Installée depuis le milieu du XIXeme siècle, cette ancienne auberge, aujourd'hui « Yorkshireman  Pub » révèle l'origine du nom du quartier.

Depuis le Moyen-Age jusqu'à la création des boulevards au début du XXème siècle, les habitants de Talence devaient payer une redevance (l'octroie), pour rentrer des marchandises dans Bordeaux. Plusieurs petits locaux étaient situés à chaque barrière pour percevoir cet impôt.
Cette taxe concernait notamment les éleveurs voulant vendre leurs volailles à Bordeaux.
L'octroie était plus élevée si les volailles étaient vivantes. Les éleveurs s’arrêtaient donc à quelques lieux de ces postes de péages, tuaient leurs bêtes et les plumaient.

Dans cet établissement, on servait à boire, à manger, et on y dansait. Le patron justifiait l’à-propos de son enseigne en faisant des volailles l'un de ses plats fétiches.
Les talençais, mais également les bordelais de la rive gauche et droite se rendaient à l'auberge Plume-la-Poule. En s’en retournant le soir, ils chantaient en cœur une chanson en patois où ils plaisantaient la patronne et se moquaient des plats qu’elle servait.

Voici cette chanson, comme nous la transmise la tradition orale. Le refrain illustre l'affection des bordelais pour le Pont de pierre.

Couplet :
Per ana à Plume-la-Poule
Faut s’escrasa par y ana.
Lous souliers ne sount que des groules
Lou de se, per se retira
L’hôtesse es maü couyade *
N’a jamais re de boun
Que dans oeus et de la salade
Et dau méchant jamboun.

Refrain :
Acos lou pount, lou pount, lou pount
Que fau passa la ribeyre,
Acos lou pount, lou pount, lou pount,
N’y a re de si mignoun que lou pount.

* sens de « mal coiffée, pas élégante ».



Installée depuis le XIXeme siècle, l'ancienne auberge révélait l'origine du nom du quartier. Du Moyen-Age au début du XXeme siècle, une taxe commerciale était plus élevée si l'on voulait vendre de la volaille vivante dans Bordeaux.


Église de la Sainte-Famille
6 rue Charles Gounod

La construction de la chapelle de la Sainte Famille a mobilisé tout un quartier pendant plusieurs années, de 1953 jusqu'à 1959, date de la consécration de la chapelle.

Après la guerre, peu de gens avaient des voitures, le quartier était très peu habité (4 ou 5 familles seulement), et l'église Notre-Dame se situait trop loin.
Une baraque en bois ayant appartenu à l'armée servait de chapelle aux habitants.
Peu à peu, le quartier a vu se créer un lotissement, et la nécessité d'avoir une vraie chapelle est devenue omniprésente

Les habitants et le prêtre Nicolas Matt, décidèrent de solliciter un architecte, Henri Bessagnet, et de se mobiliser activement pour réduire les coûts financiers du projet. Bénévolement, les habitants du quartier apportèrent chacun leurs compétences et beaucoup de leur temps. Ils réalisèrent les fondations de l'édifice les samedi, dimanche, jours fériés, et même une partie de leurs vacances, pourtant moindre à l'époque.

Mais le travail bénévole ne suffit pas. Il fallut de l’argent pour acheter des matériaux, acquérir les outils et payer les spécialistes du bâtiment qui furent nécessaires.
Les volontaires donnèrent de l'argent tous les mois, et des kermesses, lotos furent organisés pour récolter des fonds.
L'un des lotos fut d'ailleurs spectaculaire, puisque le 1er lot était une maison, construite bénévolement par les habitants eux mêmes!! C'est un militaire qui gagna la maison.
Pour inciter les paroissiens à vendre des billets, un lot avait même été prévu pour le vendeur du billet gagnant. Le lot n’était pas négligeable puisqu’il s’agissait d’une Renault 4CV. Tout le monde avait donc intérêt à vendre le plus de billets possible.

L'église de la Sainte-Famille, fruit d'un mouvement de grande fraternité, d’amitié et d’entraide d’après-guerre, fut construite sur une structure métallique.
Après quelques autres kermesses, des vitraux purent être acquis en 1961. Ils furent réalisés par Alain Carrier et Pierre Mathieu avec des matériaux nouveaux à l'époque ; du plexiglas.

Dans le mur à droite de l'entrée de la chapelle, un parchemin a été placé dans une pierre creuse, marquée d'une croix. Il rappelle la participation active des habitants du quartier dans la construction de cette église.

Ce sont les habitants du quartier qui ont eux mêmes construit cette église de 1953 à 1959, apportant chacun de leurs compétences et beaucoup de leur temps.

Tennis

Le service des sports propose 2 terrains de tennis en accès libre de 9h à 17h pendant tous les mois de juillet et août.

Raquettes et balles
à retirer au
service des sports
(Château de Thouars)

Présentation d'une
carte d'identité
obligatoire pour
retirer le matériel.

Piscine

Jour férié :
Ouverture de l'établissement
le 15 aout
de 14h à 19h.

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