Parcourir les quartiers Roustaing, Zola et Saint-Genès

Depuis les boulevards et son Café de l’Horloge jusqu’au cœur de ces quartiers d’échoppes, les rues raisonnent encore de l’activité passée : commerces, ateliers, biscuiterie, chocolaterie, écoles, logements ouvriers… Au fil des pas, le long de l’axe historique de l’actuelle rue du XIV juillet et de ses rues adjacentes, façades et places nous révèlent toute l’effervescence du passé de la Ville, de son petit bourg à son à sa grande période industrielle.

Du petit bourg aux allées marchandes

Les quartiers de Saint-Genès, Roustaing et Zola offrent une grande diversité tant du point de vue économique que social et patrimonial. Cette diversité se traduit par des bâtiments très contrastés qui donnent le sentiment qu’on peut passer de la ville, avec ses grands immeubles et ses boulevards, à ses passages sinueux et ses petites places.

À l’origine, le bourg de St-Genès appartenait entièrement à la commune de Talence. C’est au moment de la construction des boulevards en 1864 que la partie nord du quartier de St-Genès est annexé par Bordeaux. C’est ainsi que ce quartier est à la fois sur Talence et Bordeaux.

La barrière St-Genès est constituée par l’intersection avec le cours Gambetta. D’abord appelé le grant chemyn romyeu (en référence au chemin de Saint-Jacques de Compostelle), il s’étendait de Saint-Genès à Gradignan. Il eut d’innombrables dénominations comme le chemin des grandes landes ou encore route royale de Bordeaux à Bayonne. Il a finalement été baptisé Cours Gambetta en 1883.

Les villas ostentatoires, traces du riche passé industriel de Talence

 

Villa La Terrasse

15 rue Salengro

Cette demeure de la fin du XIXᵉ siècle est l’ancienne maison d’Arnaud Duprat, patron et fondateur de l’ancienne grande usine talençaise “Duprat et Durand”, qui se situait à l’emplacement actuel de la résidence Aramis.

L’usine Duprat et Durand a été fondée en 1865. Cette entreprise était spécialisée dans la fabrication du saucisson sec « à la médaille ». Dans les années 1906, l’entreprise de salaison est l’une des plus importantes en France. Elle connaît néanmoins une grève qui révèle les conditions des ouvriers et ouvrières qui étaient peu payés pour un travail jusqu’à 11h par jour.
Durant la première guerre Mondiale, l’usine continue de fonctionner et devient un bassin important de l’emploi sur Talence et ses environs.
Malheureusement, en 1970, avec la crise financière et économique, l’usine Duprat et Durant a du mal à faire face et ferme finalement ses portes. De ce passé industriel, il ne reste rien, en dehors de cartes postales et affiches publicitaires.

LA Villa Berthe

19 rue René Balloux

À quelques pas de la Villa la Terrase se trouve une autre villa. D’un style très raffiné, La villa Berthe a été construite en 1884. Le fronton est percé d’un oculus ovale, surmonté d’une pomme de pin. Sa position horizontale est typique des maisons du Sud-Ouest de l’époque.
Sur toute la partie de la façade, au-dessus des fenêtres et de la porte, se trouve le motif de la coquille. Cette coquille fait bien sûr référence aux chemins de Saint-Jacques de Compostelle, qui traverse le cours Gambetta.

 

 

DEMEURE Le Brana

55 rue Roustaing

La première mention du nom Brana (à l’époque Branar) date de 1328. Il s’agit d’un mot gascon signifiant la brane, la bruyère, la lande. Du Moyen-Âge au XVIIIᵉ siècle, l’histoire du domaine de Brana se confond avec celle de la seigneurie des Roustaing de Brana.

Issue de la bourgeoisie bordelaise, Les Roustaings sont d’anciens fonctionnaires, artisans et commerçants de la cité, dont la maison noble était le château dit du Prince Noir. La demeure de Brana en était une dépendance.

Depuis l’extérieur, on peut encore apercevoir un pigeonnier couvert d’un toit d’ardoise conique. À cette époque, les pigeonniers étaient l’apanage des maisons nobles. Le pignon à deux niveaux qui s’ouvre sur la rue Roustaing témoigne d’une architecture alliant l’élégance au fonctionnel.


FOCUS SUR : l’arbre remarquable du parc Curval

C’est le moment de faire une pause ! En effet, juste derrière la Tour de Brana se trouve un petit parc, où se cache un trésor niché depuis 1830… Voici l’Orme du Caucase, un arbre labélisé “arbre remarquable” en 2008. Cette espèce peut vivre jusqu’à 300 ans !

Le parc André Curvale est issu de l’ancien jardin de la propriété de Brana, cédée à la Ville de Talence. Labelisé LPO, il abrite de nombreuses espèces d’oiseaux forestiers, notamment des mésanges charbonnières.


 

Le Château de Brama, dit du Prince Noir

103 Rue Roustaing

Le Château du Prince Noir, également nommé le Château de Brama se trouve dans le quartier de Roustaing à Talence. Il s’agit d’un quartier historique de la ville, qui a connu une croissance importante au cours des derniers siècles.
Entièrement en moellons et pierre de taille, on trouve dans le jardin de cet ancien château un puits très ancien qui a été comblé, ainsi que l’entrée d’un souterrain se dirigeant vers l’église de Talence et peut-être au-delà… L’intérieur du bâtiment conserve encore quelques traces des peintures de l’époque.

Au XIIIᵉ siècle, il y avait à Talence une forêt royale que les souverains anglais traversaient pour se rendre à la bastide de Baa. Le roi Edouard III, puis son fils le prince d’Aquitaine Edouard de Woodstock (surnommé le « Prince Noir »), venaient y chasser. Ils utilisaient comme pavillon de chasse le vieux château Brama, qui au fil du temps est devenu le Château du prince Noir. Au XVᵉ siècle, le château a appartenu aux Roustaing de Brana. La famille démolit l’ancien château pour y construire leur maison noble, qui est l’édifice actuel.
De 1819 à 1862, le domaine change de fonction pour devenir une fabrique de toiles cirées. Il est racheté par la famille Clavé qui enclenche de nombreuses modifications intérieures, notamment par l’ajout de peintures murales en 1877.
L’édifice est temporairement transformé en hospice pour retrouver plus tard une fonction industrielle grâce à son rachat par l’usine Dassault qui en fait sa cantine, son établissement étant situé un peu plus loin dans la rue Roustaing.

 

L’École Saint Genès et sa chapelle

134 cours Gambetta

L’école primaire et le collège Saint-Genès de Talence font partie de l’ensemble scolaire privé Saint-Genès, fondé au XIXᵉ siècle par la communauté des Frères des Écoles Chrétiennes.

L’Institut des Frères des Écoles Chrétiennes est né au XVIIᵉ siècle, sous l’influence du chanoine Jean-Baptiste de La Salle. Leurs missions sont entièrement vouées à l’éducation chrétienne des enfants.

La plus grande partie du domaine a été achetée en 1854 à la famille Bourgès, et la première école sera implantée sur le site en 1856. Les vitraux de la chapelle sont signés du grand maître verrier bordelais Gustave Pierre Dagrand.
Durant la première Guerre Mondiale, l’école de Saint-Genès, est réquisitionnée et transformée en hôpital militaire, avant de revenir aux mains de l’institut.

On peut apercevoir, dans la cour d’honneur de l’école, une statue du Bienheureux Saint-Jean-Baptiste-de-la-salle.

 

L’École Gambetta, l’une des premières écoles pour filles

37 cours Gambetta

Le quartier Saint-Genès est réputé pour ses écoles et son environnement familial. Ainsi, après avoir visité l’école de Saint-Genès c’est au tour de l’école Gambetta !  Cette école fut ouverte en 1886 et dédiées aux filles. On y comptait deux classes pour les petites filles de 6 ans jusqu’à 13 ans.
En 1908, est construit un nouveau bâtiment dédié aux garçons. L’école compte désormais 245 élèves, avant d’être à nouveau agrandie en 1930.

Au sein de l’école, on peut apercevoir une plaque commémorative dédiée à Paulette Souboua qui fit ses premiers pas dans cette école. Vendeuse dans un atelier de confection à Talence, Paulette s’engage dans la Résistance fin des années 1940 alors qu’elle vient d’avoir 18 ans.
Arrêtée le 3 janvier 1942, elle mourut en prison à Munich, le 21 avril 1945.

Elle a pu durant son arrestation envoyée des lettres clandestines à son père :

“Plus que jamais, on a envie de cette liberté qui nous est si dure à avoir. Plus que jamais, on se sent des idées de révolte. Un jour viendra où les rôles seront reversés et je pense que toi aussi, tu verras ce grand jour.”</strong

 

Le Café de l’horloge, 140 ans d’existence

Angle cours Gambetta (n°2) et boulevard Franklin Roosevelt

C’est la pause gourmande de ce parcours patrimoine ! Ouvert en 1889 par Madame et Monsieur Lasserre, le café de l’horloge est un bâtiment rendu singulier par l’horloge qui le surplombe. En outre, sur sa façade demeure une ancienne publicité pour une boisson anisée que l’on peut encore apercevoir, Lieu iconique du quartier, le café n’a jamais changé de nom, bien que de nombreux propriétaires se soient succédé.

D’abord faubourg marécageux, Saint-Génès est devenu peu à peu un bourg avec une forte affluence par sa proximité avec Bordeaux. D’ailleurs, il fut en partie annexé par la Ville de Bordeaux lors de la construction des boulevards.
L’établissement était alors foisonnant de vie. On y croisait les membres de la fanfare La Lyre talençaise, des joueurs de belote, et aussi les militants du Parti radical socialiste. Entre bals costumés, soirées musicales, réunions politiques et associatives, ce bistrot était The place to be” de l’époque.

Aujourd’hui encore, on peut y boire un café, le matin et les midis et, soir, déguster une cuisine conviviale faite maison sous les aiguilles impassibles du temps.

Le café de l’horloge

 

Anciens bains douches

34 rue du 14 juillet

C’est en 1914 que ce bâtiment de bains-douches ouvrit ses portes. Il s’agit d’un élément caractéristique du mouvement hygiéniste, qui apparut au cours du XIXᵉ siècle.
Ce mouvement est né suite aux découvertes de Louis Pasteur, qui découvrit qu’une saine hygiène du corps évitait les contaminations de microbes. À l’époque, des maladies telles que la tuberculose faisaient de nombreux morts.
Il y avait 22 cabines en 1921, mais elles ne pouvaient fonctionner toutes en même temps, la chaudière était insuffisante, celle-ci fonctionnant au charbon.

 

Bâtiment aux caryatides

10 cours Gambetta

Quelques mètres plus loin, vous trouverez une bâtisse, somme toute à fait habituel… Mais qui si on s’approche un peu plus comprend d’étranges visages de femmes grimaçantes… Ce sont des caryatides :  des statues de femme qui remplacent généralement une colonne ou un pilier, car elles soutiennent une partie du bâtiment sur sa tête.
Ici, les caryatides sont seulement des éléments de décoration, pour orner ce bâtiment de la fin du XIXᵉ siècle. Ces bustes de femmes très expressives, voir grimaçantes, encadrent chaque fenêtre. Une coquille sculptée rappelle la présence du chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

 

 

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LE PARCOURS ROUSTAING, ZOLA ET SAINT GENÈS

  • 3 km
  • À pied : 1h
  • À vélo : 30 min

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