Quartier Roustaing / Zola / Saint-Genès

Suivant une démarche initiée avec le balisage et la valorisation du chemin de Saint Jacques de Compostelle à Talence, en avril 2010, une signalétique des monuments historiques a été mise en place et un riche inventaire du patrimoine bâti et naturel a été dressé. La Mairie a aussi souhaité mettre en avant le patrimoine, action inscrite dans l’agenda 21, dans le cadre des modifications du Plan Local d’Urbanisme.


Cette année, des parcours pédestres et cyclistes ont été conçus pour découvrir ou redécouvrir des sites remarquables: cinq parcours pour découvrir les quartiers et dix parcours thématiques, tels que les monuments historiques, l'architecture moderne, contemporaine ou encore le Talence insolite.

3 km 100
À pied : 1h
À vélo : 30 min

Quartier Roustaing / Zola / Saint-Genès

Quartier Roustaing / Zola / Saint-Genès

HD_Parcours_patrimoine_ROUSTAING.pdf (6138ko)

Villa La Terrasse
15 rue Salengro

Cette demeure de la fin du XIXeme siècle est l'ancienne maison d'Arnaud Duprat, patron et fondateur de l'ancienne grande usine talençaise "Duprat et Durand", qui se situait à l'emplacement actuelle de la résidence Aramis.

L'usine « Duprat et Durand » a été fondée en 1865 par Arnaud Duprat et son gendre, Pierre Durand. Cette entreprise était spécialisée dans la fabrication du saucisson sec « A la médaille ».
En 1905, l'usine s'installe à Talence (rue Roger Salengro). Elle connaît alors un développement rapide.
Entre 1914 et 1936, elle réalise les premières conserves de petits pois, provenant principalement d'Eysines. Avant la mise au point des machines à écosser, 300 ouvrières saisonnières venaient pour l'écossage des pois. Ces conserves étaient commercialisées sous la marque « A la reine ».

Les productions se diversifièrent après la guerre. Outre les saucissons et conserves de légumes, d'autres produits furent préparés, notamment les conserves de bœuf. En 1950, l'installation d'une équipe frigorifique pu permettre la préparation de produits congelés. Un abattoir moderne fut installé dans l'usine même.

En 1957, l'usine fonctionnait en permanence avec 250 à 300 ouvriers. Elle traitait 4000 tonnes de viande de bœuf et 2000 tonnes de porc par an, et fabriquait 20 000 boîtes de conserves diverses.

Dans les années 1970, la Société dut faire face à des difficultés croissantes qui la contraignirent à fermer.


Cette villa de la fin du XIXeme siècle était la propriété d'Arnaud Duprat, patron de l'usine talençaise de salaison et de conserves « Duprat et Durand ».

Château du Prince Noir
103 Rue Roustaing

Le nom du château « Prince Noir » est assez récent (1850), et repose sur une tradition orale tenace.

Au XIIIeme siècle, il y avait à Talence une forêt royale que les souverains anglais traversaient pour se rendre à la bastide de Baa. Le roi Edouard III, puis son fils le prince d’Aquitaine Edouard de Woodstock (surnommé le « Prince Noir »), venaient y chasser. Ils ont pu utiliser comme rendez-vous de chasse le vieux château Brama situé à l'emplacement de l'actuel manoir.

Au XVeme siècle, le château a appartenu aux Roustaing de Brana. Les Roustaing démolirent l'ancien château pour y construire leur maison noble, qui est l’édifice actuel.
Il fut ensuite racheté par différents propriétaires, dont l'usine Dassault.

Le bâtiment comporte deux logis parallèles. Un épais mur d'enceinte est orné de faux mâchicoulis.
Pour la partie est, elle comporte deux murs pignons couverts en ardoises. Elle a conservé ses fenêtres à meneaux dont une au rez de chaussée, encadrée par deux lions et avec un linteau sculpté de branches de vignes et de grappes de raisins.
La partie ouest est celle qui a subi le plus de modifications car elle a été transformée en chais.

Le château du Prince Noir est inscrit sur la liste des Monuments Historiques.


Dans le jardin, un très ancien puits a été comblé ainsi que l'entrée d'un souterrain se dirigeant vers l'église de Talence et peut-être au delà. (à mettre dans le parcours « Talence insolite »).                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 


Edouard de Woodstock (surnommé le Prince Noir) utilisa au XIIIeme siècle l'ancien château comme relais de chasse. Ce château fut par la suite remodelé par la famille Roustaing de Brana dès le XVeme siècle.

Orme du Caucase
Parc André Curvale :Entrée au fond du parking, en face du 56 rue Roustaing.
L'orme est situé au fond du parc, face au chemin de fer.

Depuis 2007, l'orme du Caucase situé dans le nouveau parc André Curvale a reçu l'attribution  du label « Arbre remarquable de France ». Ce label engage à une sauvegarde, un entretien et une mise en valeur de l'arbre, considéré comme un patrimoine naturel et culturel.

L'orme du Caucase (nom botanique : zelkova carpinifolia ) est originaire d'Europe orientale et d'Asie. Il fut introduit en Europe à la fin du XVIIIème siècle.
Ses petites feuilles dentées sont caduques et de couleur verte puis à l'automne elles deviennent jaunes et enfin rouges.
Son écorce révèle des plaques orangées.

L'orme du Caucase peut mesurer jusqu'à 35 mètres et vivre 300 ans.

A Talence, il aurait été planté vers 1830 dans l’ancien parc du château Le Brana.

Dans ce parc, on peut aussi apercevoir une belle serre et un pigeonnier.


Sans doute planté vers 1830, cet arbre peut mesurer jusqu'à 35 mètres et vivre plus de 300 ans. Il a reçu le label « Arbre remarquable de France ».

Château Le Brana
55 rue Roustaing

La première mention du nom Brana (à l’époque Branar) date de1328.
Il s’agit d’un mot gascon signifiant la brane, la bruyère, la lande.

Du Moyen Age au XVIIIeme siècle, l’histoire du domaine de Brana se confond avec celle de la seigneurie des Roustaing de Brana dont la maison noble était le château du Prince Noir. Le château de Brana en était une dépendance.
Vers 1500, Jean de Roustaing était seigneur de Brana.

Le bâtiment actuel est une maison de maître qui date du XVIIIeme siècle.
Au Sud est, se trouve une tour pigeonnier ronde du XVIIeme siècle, couverte d’un toit d’ardoise conique. Ce pigeonnier a été restaurée en février 2002.

Les dépendances à vocation agricole (laiterie, chais, pressoir…) qui datent pour leur partie visible du XIXeme siècle ont ensuite été utilisées pour des activités industrielles (fabrique d'obus, confiturerie, dépôt de l'entreprise Garibaldi). Aujourd'hui, elles accueillent le Centre Technique Municipal.


C'est la famille Roustaing de Brana qui a fait édifier ce château au Moyen-Age, comme dépendance de leur maison noble : le château du Prince Noir. Le bâtiment actuel date du XVIIIeme siècle.

Villa Berthe
19 rue Balloux

D'un style très raffiné, cette villa a été construite en 1884.
Sur toute la partie de la façade, au dessus des fenêtres et de la porte, se trouve le motif de la coquille. Cette coquille fait bien sur référence au chemin de Saint-Jacques de Compostelle, qui traverse le cours Gambetta.

Le fronton est percé d’un occulus ovale, surmonté d’une pomme de pin. Sa position horizontale est typique du Sud-ouest.  
La présence d’un petit balcon au décor végétal et d’un fronton travaillé renforce le charme de la villa Berthe.
Toutes ces décorations constituaient à l'époque un véritable signe extérieur de richesse.


Richement ornée, cette villa du XIXeme siècle présente entre autre le motif de la coquille, faisant référence au chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Ecole Saint Genès et chapelle
134 cours Gambetta

L'école primaire et le collège Saint-Genès de Talence font partie de l'ensemble scolaire privé Saint-Genès, fondé par la communauté des Frères des Écoles Chrétiennes.

L'Institut des Frères des Écoles Chrétiennes est né au XVIIeme siècle, sous l'influence du chanoine Jean-Baptiste de La Salle. Leurs missions sont entièrement vouées à l'éducation chrétienne des enfants.

Le 1er mars 1856 le Conseil municipal de Talence demande aux Frères des Ecoles Chrétiennes de créer une école primaire communale. L’institution fournit le terrain et construit deux classes comptant 70 élèves.

En 1880, un frère fait une déclaration d’ouverture d’école libre.

C’est vers 1890 que fut entreprise la construction de la chapelle où l’on peut admirer des vitraux remarquables retraçant la vie de Saint Jean-Baptiste de la Salle et la statue de Notre Dame de Toutes Grâces.
Sur la galerie de la chapelle, une grande fresque peinte par un frère anonyme vers 1900  représente Jean-Baptiste de la Salle et la Communion des Saints.
Une copie de la Cène de Léonard de Vinci, par Tina Degas, vient d’être récemment posée au fond de la chapelle.

Dans le parc, une statue de Jean-Baptiste de la Salle, fondateur de l'Ecole Chrétienne, fut érigée.


Fondée par les Frères des Ecoles Chrétiennes au XIXeme siècle, l'école ouvrit en 1880. La chapelle et la statue dans le parc célèbre le fondateur de la communauté : Jean-Baptiste de la Salle.

École Gambetta       
37 cours Gambetta

C'est en 1866 qu'une école de filles, avec deux classes et réservée aux enfants de 6 ans jusqu'à 13 ans, est construite cours Gambetta.

Une nouvelle école pour garçons et filles ouvre ses portes en 1908 avec 245 élèves.

En 1914, le directeur dénonce l'insuffisance de chauffage dans les classes. L'ensemble du bâtiment est chauffé avec un calorifère à vapeur d'eau qui n'est alimenté que le matin de 8h45 à midi. Les températures dans les classes se situaient entre 5 et 7°C.

En 1930, le groupe scolaire s'agrandit du côté filles et garçons.


Construite à la fin du XIXeme siècle, l'école Gambetta était à l'époque réservée aux filles et n'ouvrit ses portes aux garçons qu'en 1908.

Bâtiment avec caryatides
10 cours Gambetta

Une caryatide est une statue de femme qui remplace généralement une colonne ou un pilier, car elle soutient une partie du bâtiment sur sa tête.

Ici, les caryatides sont seulement des éléments de décoration, pour orner ce bâtiment de la fin du XIXeme siècle. Ces bustes de femmes très expressives, voir grimaçantes, encadrent chaque fenêtre.

Entre chaque caryatide, une coquille sculptée rappelle la présence du chemin de Saint- Jacques de Compostelle, qui emprunte le cours Gambetta.


Des bustes de femmes aux visages très expressifs ornent ce bâtiment du XIXeme siècle.  Une coquille sculptée rappelle la présence du chemin de Saint- Jacques de Compostelle.

Café de l'horloge
Angle cours Gambetta (n°2) et boulevard Franklin Roosevelt


Ce bâtiment de la fin du XIXeme siècle se rend singulier par l'horloge qui le surplombe.


A noter : sur sa façade une ancienne publicité d'une boisson anisée.


Ce bâtiment de la fin du XIXeme siècle se rend singulier par l'horloge qui le surplombe.

Cours Léon Gambetta et boulevards

Le cours Gambetta :
Il s’est d’abord appelé le grant chemyn romyeu (chemin de Saint-Jacques), puis chemin des grandes landes jusqu’à la fin du XVIIIeme siècle. Il s’étendait de Saint-Genès à Gradignan.
Il a ensuite été dénommé : chemin royal, route royale de Bordeaux à Bayonne, route impériale n° 132, chemin de Bayonne, route de Bayonne, cours de Talence.
Il a été baptisé Cours Gambetta en 1883 puis temporairement pendant les années de guerre, cours du Maréchal Pétain.  

Les boulevards et les barrières :
Tout le long du XIXeme siècle, Talence dépendait économiquement de Bordeaux. Avant de gagner son indépendance, une partie de son territoire fut peu à peu annexé.

Officiellement pour améliorer des moyens de communications, certainement pour enrayer une expansion qu'elle ne maîtrisait plus et mieux définir sa zone de compétence administrative, la municipalité bordelaise décida d'entourer la ville d'un grand boulevard de ceinture.
Les travaux durèrent de 1851 à 1897 et eurent pour conséquence l'annexion de plusieurs morceaux de territoires de communes environnantes. A Talence, le territoire compris entre les rues de Ségur, Duluc, Bertrand de Goth et le Boulevard fut incorporé à Bordeaux. Ainsi Talence Saint-Genès fut annexé par la grande ville.
Les boulevards, tracés à Talence vers 1859 et terminés en 1864 furent alors la nouvelle limite administrative avec Bordeaux.  

La percée des boulevards entraîna à Talence une totale réorganisation des lieux : de nouveaux quartiers se formèrent...Le nord de la commune évolua avec de nouvelles constructions, tandis que le sud de la commune garda son aspect rural.

La barrière Saint-Genès, comme toutes les autres barrières qui ceinturent Bordeaux, ont été crées pour percevoir l'octroi. Depuis le Moyen-Age, l'octroie était une taxe payée par les habitants qui souhaitaient faire rentrer des marchandises dans Bordeaux. Plusieurs petits locaux étaient situés à chaque barrière pour percevoir cet impôt. Il fut aboli en 1928.


Le cours Gambetta (anciennement dénommé Chemin de Saint-Jacques), les boulevards, construits en 1864 pour marquer une délimitation avec Bordeaux, et la barrière Saint-Genès (dotée jusqu'en 1928 d'un petit local pour contrôler les marchandises rentrant à Bordeaux), illustrent l'évolution de l'urbanisation à Talence

Anciens bains douches
34 rue du 14 Juillet

C'est en 1914 que ce bâtiment de bains-douches ouvrit ses portes. Il s'agit d'un élément caractéristique du mouvement hygiéniste, qui apparut au cours du XIXeme siècle.

Ce mouvement est né suite aux découvertes de Louis Pasteur, qui découvrit qu'une saine hygiène du corps évitaient les contaminations de microbes. A  l'époque, des maladies telles que la tuberculose faisaient de nombreux morts. Lutter contre les épidémies constituait un réel enjeu de santé publique.

Les bâtiments de bains douches faisaient partie intégrante de cette volonté de salubrité et d'hygiénisme. Avant les années 1950, peu de foyers pouvaient s'offrir le luxe d'avoir de l'eau chaude courante. Ce genre de bâtiment était donc spécialement conçu pour ces familles aux revenus modestes.

A Talence, il existait un tarif réduit pour les ouvriers (sur présentation d'une carte), qui voulaient se laver à la sortie de leur travail.
Les bains-douches étaient également gratuits pour les élèves des écoles talençaises.

Il y avait 22 cabines en 1921, mais elles ne pouvaient fonctionner toutes en même temps,  la chaudière était insuffisante (fonctionnement au charbon).

Voici une petite idée des tarifs en 1921 puis en 1941 :
Tarifs en 1921 :
bains douche avec savon= 60 centimes
serviette= 1 centime
bonnet= 10 centimes

Tarifs en 1941 :
bains douche sans savon = 2,50 francs
bain douche avec savon = 5 francs
bain complet avec savon = 10 francs
serviette= 50 centimes
savon = 50 centimes
bonnet = 30 centimes


L'établissement des Bains-douches fut fermé à Talence en 1984. Il n'était plus utilisé depuis longtemps. Le studio municipal de danse s'y est aujourd'hui installée.


C'est dans un contexte d'hygiènisme que ce bâtiment a ouvert ses portes en 1914, notamment à destination des ouvriers et des enfants. En 1921, une douche avec savon coûtait 60 centimes.

Bricothèque

La bricothèque permet d’emprunter gratuitement des outils neufs et de qualité. Des ateliers de bricolage seront bientôt mis en place en fonction des attentes des usagers.Ce service gratuit ouvert à tous les Talencais, est installé dans les ateliers du Dôme.
Horaires d’ouverture : les mercredis de 14h à 18h, les samedis de 9h à 13h.